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Pour 2018-2019, Julia Sallaberry (harpe) et Marc Crofts (violon) se joindront au CPLC pour une nouvelle saison toute en émotions.

HaviFusion à la Salle Communale de Chéserex

Voici le descriptif d'un florilège des pièces qui seront jouées lors de cette série de concerts et dont beaucoup sont composées ou arrangées par des musiciens jouant - ou ayant joué - au CPLC.

Rupture - Sylvain Andrey

Préface

"La rupture avec soi est le plus court chemin pour aller à soi." - Christian Bobin

Les ruptures, que leur nature soit physique ou psychologique, sont partout dans la vie de tous les jours. Elles marquent souvent la fin d'un état mais également le début ou le renouveau de quelque chose. La rupture est ainsi un moyen d'évoluer au travers des cycles dont l'existence est fondamentalement constituée.

Cette oeuvre a pour objet de tenter de décrire l'un de ces cycles. De ce fait, il n'y a ni réel début ni fin à l'oeuvre; la première mesure marquant la rupture entre deux cycles et pouvant réapparaître à tout moment. De ce fait, la conclusion, depuis T, n'est autre qu'une variation de l'introduction et pourrait se développer à nouveau d'une manière semblable jusqu'à la prochaine rupture. Car s'il peut y avoir un renouveau après une rupture, plus rien ne sera cependant totalement comme identique au passé. Chaque cycle amène quelque chose d'un côté et en enlève de l'autre. Du 4/4 aux airs de 12/8 de l'introduction, ne restera alors à la fin qu'un 5/8 boiteux à qui il manque inéluctablement quelque chose. La seule fin possible n'est autre que la mort et ainsi fini l'oeuvre, en mourant.

La première mesure, jouée par les instruments à peaux de la percussion, rompt avec le silence et consiste donc à la rupture en soi: de manière soudaine, vive et d'une manière qui implique qu'on ne peut que la subir. Les instruments à peaux représentent donc d'une certaine manière le spectre de la rupture qui, une fois la première mesure passée, viennent rôder tout au long de l'oeuvre en venant de plus en plus fréquemment jusqu'à réussir à s'imposer à nouveau juste avant la fin.

Par-dessus cette structure, cinq thèmes sont présentés dans l'oeuvre. Ces thèmes ont été choisi pour concorder au mieux avec les différents états du deuil qui est l'une des ruptures les plus brutales dans une vie, à savoir : 1. Choc : décrit par les instruments à peaux de la premières mesures puis d'une manière plus profonde et intime par le violon dès A, 2. Déni: le second thème dès H, frais et naïf, cache cependant une ambiguïté entre le 6/8 et le 3/4. Le troisième thème à partir de M semble se décider à être définitivement ternaire et à aller de l'avant mais cela n'est que le calme avant la tempête avec le toms, spectre de la rupture, qui commencent à refaire surface, 3. Colère: Le thème de O vient rompre dans sa structure, un 4/4 des plus basiques, avec le passé musical de l'oeuvre. Les peaux prennent lentement le dessus dans un dernier crescendo bientôt interrompu par la mesure de rupture, enfin viennent 4. puis 5. Dépression et acceptation : le dernier thème reprend le premier, lui aussi présenté à nouveau au violon, sur une nouvelle harmonie, un triton par rapport à l'introduction, et sur un ostinato du vibraphone et du glockenspiel. Vient alors les dernières mesures et cet essoufflement qui caractérise l'acceptation. Comme quelqu'un qui se meure, le souffle d'un cycle qui est tombé à sa fin retombe pour nous laisser à nouveau dans les limbes entre mort et renouveau.

Celui qui (en) chante - Michel Berger - Arr. Michel Landenbergue

Cette version sans paroles de Celui qui chante » est un clin d’œil admiratif pour le rôle enchanteur de Michel berger auprès de son large public.

Curieux et sans cesse novateur, il aurait pu vouloir explorer le monde des percussions, mais il n’en a pas eu le temps.

En respectant la partition originale, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire varier les couleurs du CPLC et de ses solistes invités.

Aujourd’hui, je confie amicalement cet hommage musical à la troupe de Claude Meynent avec l’espoir qu’il l’ajoute à son répertoire.

Cataclysmes - Youri Rosset

Cataclysmes est une composition qui essaie d'exprimer le parcours d'un personnage dans un système bien établi. Au début, tout se passe bien, tout est ordré et ne laisse place à aucuns doutes. Mais un peu plus tard, le personnage rêve d'un monde un peu différent, le système est alors ensuite ressenti comme un étau, l'oppression est trop forte. Le système reprend ses droits, et à la fin notre personnage n'aura de choix que de se ranger.

Il gardera cependant une petite touche de résistance, discrète.

Quel est alors le cataclysme? La rébellion du personnage, la violence du système pour tout ordrer, ou la base du système ?

Time Lapse - Alexis Ottet

« Time Lapse » se traduit par « laps de temps » en français. Ce mot désigne une technique de photographie utilisée pour observer des mouvements d’ordinaire très lents. On prend une photo toutes les minutes par exemple, pour au final pouvoir observer en 10 secondes une fleur qui s’ouvre. Ou encore ; un coucher de soleil. Le Time lapse nous montre l’astre qui se cache tranquillement derrière les collines tandis que les nuages semblent s’affoler devant lui et que la lumière baisse à vue d’œil. Alors quoi de mieux que ce titre pour définir une pièce qui a pour but de raconter en 5 minutes la création des beautés naturelles de la terre, leur destruction par les humains puis leur reconstruction.

Gecko - Thomas Gubler

Cette pièce s’organise sur divers styles de musique, tels que la musique contemporaine ou le Funk, tout en utilisant discrètement les mêmes schémas rythmiques et mélodiques.

Tout cela, pour décrire un petit animal étonnant que l’on tente de suivre tout au long de la pièce. Les rythmes vifs aux vibraphones mettent en évidence la vivacité du reptile tandis que les amples roulements aux marimbas ainsi que les effets des percussions nous rappellent la chaleur et les bruissements de la forêt tropicale.